Anti-G8
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Contre le sommet du G8 environnement

LES MARÉES NOIRES se comptent par dizaines même si « nos » médias nationaux ne traitent que de celles qui touchent les côtes de « notre » Hexagone. Les catastrophes dites naturelles se multiplient (inondation, sécheresse, tempête, etc.) et interrogent explicitement à la fois notre aménagement du territoire et l’évolution non naturelle de la météo (effet de serre). Alors que des dizaines de millions de personnes n’ont pas d’eau, dans les pays occidentaux elle est de plus en plus polluée, jusqu’à l’intérieur des nappes, par le déversement d’engrais dans les sols et, à terme, l’eau deviendra un bien pour les privilégiés.
On pourrait continuer la description de ce tableau. Il ne s’agit pas de prophéties car la catastrophe nous la vivons tous les jours, et nous ne pouvons que constater l’étendue des dégâts. Toutes les associations, structures, partis (desVerts aux ONG et associations environnementales) qui vont se mobiliser au cours de ce sommet partagent ce constat amer.
Notre présence reste néanmoins d’autant plus nécessaire qu’il convient d’affirmer un certain nombre de points si nous ne voulons pas rester impuissants devant la dégradation inévitable de notre environnement :
Nous devons dans un premier temps
repréciser le champ de l’action écologique,
refusant ainsi les formes religieuses et morales
de l’écologie. L’écologie politique, c’est aussi
dans un premier temps la négation de la séparation de l’économie de la sphère politique et
sociale. Il faut donc critiquer la vision religieuse d’un prétendu retour à l’état de nature,
avec son lot de mystifications des sociétés
« sauvages ».
Il semble, en revanche, évident que le
capitalisme, par sa recherche effrénée des
profits, se rend responsable de la plus grande
partie des atteintes à l’environnement. Par la
poursuite de cet unique objectif, le capitalisme a subordonné la nature à ses impératifs
de production.
Il est certainement temps, pour ne pas
éternellement retomber dans les mêmes
pièges, de faire le bilan de la stratégie gouvernementale des partis écologistes. Que ce soit
sur les questions du nucléaire, des OGM, de la
dégradation de notre environnement, du tout-routier ; les cinq ans deVoynet au ministère de
l’Environnement sont un échec. Effectivement, quand Corinne Lepage, qui a occupé le
même poste, écrit « que le ministre de
l’Environnement ne peut rien faire », elle a
raison : le gouvernement n’est pas un moyen
de combattre ce système ; il en est au contraire
un élément.
Notre stratégie est donc bien d’agir au sein des mouvements de protestation qui vont inévitablement se développer dans les années à venir (pour une eau de qualité, contre les inondations à répétition, etc.) en tentant à notre niveau de politiser et de globaliser ces luttes. C’est donc bien à travers une présence régulière, permanente que nous pourrons y réussir. C’est dans ce sens que les libertaires doivent affirmer leur présence du 25 au 27 avril.
Pour accueillir ces « saigneurs » du monde, la ville d’Angers avait commencé son nettoyage en expulsant des pauvres du centre ville, fière d’accueillir ces représentants de l’ordre mondial pourtant en conflit d’intérêts sur le Moyen-Orient. Le sommet du G8 est effectivement tout un symbole ; car, au-delà des divergences d’intérêts sur certaines régions du monde (mainmise sur les économies nationales et les richesses en matière première, dont celle du pétrole), les États les plus riches et les multinationales ont besoin d’un minimum d’organisation commune et de sécurité pour effectuer leurs transactions.
Mais le 26 mars dernier la nouvelle tombe : le sommet se tiendra finalement à Paris, pour des raisons de sécurité. Le souci de sécurité était une question partagée par la mairie d’Angers en parlant même de « cadeau sinon empoisonné, du moins empoisonnant ». Raisons réelles ou diplomatiques, peu importe !
Le sommet aura donc lieu à Paris ; mais dans le fond la problématique reste la même. À nous de faire entendre notre analyse ! Le Monde libertaire de cette semaine se veut donc être une contribution pour favoriser cette mobilisation : analyser les problématiques environnementales sous plusieurs angles :
celle de la contradiction, l’opposition
entre le capitalisme et l’écologisme avec plusieurs articles (« Le capital prédateur »,
« Construire une dynamique révolutionnaire
sur les déchets capitalistes », « La décroissance
contre le développement »)
celle de la nécessité de développer une
lutte de quotidienne, d’investir l’ensemble des
champs de luttes qui vont inévitablement se
développer au fil des années autour des phénomènes de destructions de l’équilibre écologiques (« Les luttes écologistes de l’URB »,
« Incinérateur en Bretagne », « Marée noire ».)
celle de l’unité anticapitaliste et antiautoritaire qui se construit autour et contre le
sommet du G8. « L’enjeu est de taille à l’heure
où les partis de gauche, toutes tendances
confondues, tentent de s’emparer du mouvement né des rassemblements populaires anti-mondialisation,
souvent
basés
sur
des
pratiques d’action directe, pour mieux le
canaliser tout en s’en servant de marchepieds
électoral. »
Rejoignons les actions diverses : contre le G8 environnement avec des actions sur Paris et Angers, contre le nucléaire à l’occasion des 17 ans deTchernobyl, sur plusieurs départements.
Théo Simon